Un bon ami vaut mieux que cent parents

Un bon ami vaut mieux que cent parents

Ce proverbe a sa raison dans cet autre : Beaucoup de parents et peu d’amis. — J. Delille a dit dans son poëme de la Pitié :

Le sort faitles parents, le choix failles amis.

(Ch. ii.)

Et ce joli vers n’est que la répétition textuelle d’un proverbe oriental que Dorat, avant Delille, avait imité ainsi :

C’est le hasard qui fait les frères,
Et la vertu fait les amis.

Cicéron (de Amicitia, v) met l’amitié au-dessus de la parenté, en ce que la bienveillance est essentielle à la première et n’est point inséparable de la secondc, que sans bienveillance il n’y a plus d’amitié et qu’il y a toujours parenté.

D’autres, au contraire, ont mis la parenté au-dessus de l’amitié, et leur opinion a servi de fondement à quelques proverbes qu’on trouvera plus loin.

Le frère est ami de nature
Mais son amitié n’est pas sûre.

Ce distique proverbial est tiré de la pbrase suivante de Cicéron : Cum propinquis amicitiam natura ipsa peperit,sed eu non satis habet fumitatis. (DeAm’ccJtia, v.)Il paraît justifié par les démêlés trop fréquents que la jalousie et l’intérêt excitent parmi les frères : « C’est à la vérité, dit Montaigne, un beau nom et plein de dilection que le nom de frère; mais ce meslange de biens, ces partages, et que la richesse de l’un soit la pauvreté de l’autre, cela destrempe merveilleusement et relâche cette soudure fraternelle. »

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