Le cœur d’une mère est le miracle de l’amour

Le cœur d’une mère est le miracle de l’amour.

Bossuet a expliqué ce miracle, et ceux qui connaissent son explication seront charmés de la retrouver ici, car elle est si belle de pensée, de sentiment et d’expression, qu’il est impossible de ne pas éprouver un nouveau charme à la relire : « On ne peut assez admirer, dit-il, les moyens dont la nature se sert pour unir les mères avec leurs enfants, car c’est le but auquel elle vise, et elle tâche de n’en faire qu’une même chose : il est aisé de le remarquer dans l’ordre de ses ouvrages. Et n’est-ce pas pour cette raison que le premier soin de la nature est d’attacher les enfants au sein de leur mère? elle veut que leur nourriture et leur vie passent par les mêmes canaux; ils courent ensemble les mêmes périls ; ce n’est qu’une même personne. Voilà une liaison bien étroite ; mais peut-être pourrait-on se persuader que les enfants, « en venant au monde, rompent le nœud de cette « union : ne le croyez pas. Nulle force ne peut diviser ce que la nature a si bien lié ; sa conduite sage et prévoyante y a pourvu par d’autres moyens. Quand cette première union finit, elle en fait naître une autre en sa place, elle forme d’autres liens, qui sont ceux de l’amour et de la tendresse : la  mère porte ses enfants d’une autre façon, et ils ne sont pas plutôt sortis de ses entrailles, qu’ils commencent à tenir beaucoup plus au cœur. Telle est « la conduite de la nature ou plutôt de celui qui la gouverne ; voilà l’adresse dont elle se sert pour unir les mères avec leurs enfants, et empêcher « qu’elles ne s’en détachent. L’âme les reprend par l’affection en même temps que le corps les quitte;  rien ne peut les arracher du cœur : la liaison est toujours si ferme, qu’aussitôt que les enfants sont agités, les entrailles des mères sont encore émues, et elles sentent tous leurs mouvements d’une manière si vive et si pénétrante, qu’à peine leur permet-elle de s’apercevoir que leur sein en soit défi chargé. » (Premier Sermon pour le vendredi de la Passion.)

Tendresse maternelle
Toujours se renouvelle.

Rien ne manque au cœur d’une mère, à ce chef d’œuvre de l’amour. C’est une source de tendresse qui se renouvelle continuellement sans jamais s’épuiser, qui semble s’accroître, au lieu de diminuer par l’excessive effusion de sa substance. Qui pourrait dire les trésors de sentiment qui en découlent! « 0 « ma mère, s’écrie un fils dans une pièce de poésie « chinoise, vos bras furent mon premier berceau. J’y trouvai vos mamelles pour m’allaiter, vos vêtements pour me couvrir, votre sein pour me réchauffer, vos baisers pour me consoler, et vos caresses pour me réjouir. »

Mais ses bienfaits ne s’épanchent pas seulement sur le jeune âge. La nature n’a point limité chez la femme, comme elle l’a fait chez les femelles des animaux, l’énergie de l’amour maternel au temps où l’enfant ne peut se passer des soins de celle qui l’a mis au monde; elle a voulu, par un privilège exceptionnel en l’honneur de la dignité humaine, que cet amour subsistât inaltérable dans le cœur qui en est animé par delà les besoins de l’objet qui l’inspire. Il ne s’interrompt point, il ne perd rien de sa force en s’étendant à de nouveaux enfants; il se multiplie avec eux, il l’emporte sur toute autre affection. Les années ne l’usent point, il est de tous les jours et de tous les instants de la vie.

Une mère, vois-tu, c’est là l’unique femme

Qui nous aime toujours,
A qui le ciel ait mis assez d’amour dans l’âme

Pour chacun de nos jours.

(A. de Latour.)

Les Allemands disent:  .Amour de mère est toujours nouveau.

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