L’amour est la seule maladie dont on n’aime pas à guérir

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L’amour est la seule maladie dont on n’aime pas à guérir.

Parce que, dit la reine de Navarre, cette maladie donne tel contentement, que la guérison est la mort. (Heptamér., nouvelle xxw.)

La médecine guérit toutes les douleurs humaines ; l’amour seul ne veut pas de guérisseur.

Le cœur de l’homme étant fait pour sentir, et ne trouvant sa véritable vie que dans l’exercice de la sensibilité, doit nécessairement préférer une agitation, même douloureuse, à un repos apathique, surtout quand cette agitation est produite en lui par l’amour, c’est-à-dire par la passion la plus conforme à sa nature. Il n’y a donc rien d’étonnant qu’il veuille rester attaché aux tourments que cette passion lui cause et qu’il les regrette dès qu’il en est affranchi. On connaît le mot de cette femme dont l’âme était tombée de la fièvre des émotions dans le marasme des langueurs : « Oh le bon temps où j’étais malheureuse! » Ce mot si vrai est celui de tout amant qui est dans la même situation. La tranquillité retrouvée lui est importune; il soupire après les peines dont elle les prive ; il regarde ces peines comme ses plus doux plaisirs.

C’est ce sentiment qui inspirait à Etienne de la Boétie les vers suivants, qui terminent son vingt-septième sonnet :

Vive le mal, ô dieux, qui me dévore !
Vive à jamais mon tourment rigoureux !
0 bienheureux, et bienheureux encore
Qui sans relâche est toujours malheureux !

On connaît ce vers charmant de madame -Dufresnoy : Un amour malheureux est encore un bonheur.

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