La plus belle femme ne peut donner que ce qu’elle a

La plus belle femme ne peut donner que ce qu’elle a.

Pour dire que, lorsqu’une personne fait tout ce qu’elle peut, il ne faut pas lui demander davantage.

Ce proverbe n’est pas juste sous tous les rapports; car en amour une femme donne plus que ce qu’elle accorde, puisque c’est l’imagination qui fait le prix de ce qu’on reçoit. Ses faveurs ont plus que leur réalité propre suivant l’heureuse expression de Montesquieu. Voltaire a très-bien dit aussi : « L’amour est l’étoffe de la nature que l’imagination a brodée. »

Stendhal a exprimé la même idée par cette comparaison ingénieuse : « Aux mines de sel de Saltzbourg, on jette, dans les profondeurs abandonnées de la mine, un rameau d’arbre effeuillé par l’hiver ; deux ou trois mois après, on le retire couvert de cristallisations brillantes : les plus petites branches, celles qui ne sont pas plus grosses que la patte d’une mésange, sont garnies d’une infinité de diamants mobiles et éblouissants; on ne peut plus reconnaître le rameau primitif. C’est ce que j’appelle cristallisation, c’est l’opération de l’esprit qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l’objet aimé a de nouvelles perfections. »

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