La femme a été faite pour l’homme, et non l’homme pour la femme

La femme a été faite pour l’homme, et non l’homme pour la femme.

C’est ce qu’a dit saint Paul dans sa première épître aux Corinthiens et ses paroles sont passées en proverbe pour signifier que la femme doit être soumise à l’autorité de son mari. Mais l’Apôtre n’a point entendu que cette autorité pût être arbitraire et tyrannique, puisqu’il a dit aussi, au chapitre  de la même épître, que, si la femme appartient au mari, de même le mari appartient à la femme, et que tous deux ont des devoirs à remplir l’un envers l’autre.

C’est de l’observation de ces devoirs, réciproques et conformes à la nature de chacun des époux, que dépendent et le bonheur de leur union et le succès dela mission sociale qu’ils ont à poursuivre ensemble. Et qu’on ne s’imagine pas que l’action de l’homme, pour atteindre ce double but, soit supérieure à celle de sa compagne. On pourrait plutôt démontrer que celle-ci l’emporte sur lui, si l’on comparait les avantages qui proviennent de leurs rôles respectifs. Mais il ne serait pas rationnel d’attribuer, d’après ces avantages particuliers, la prééminence à l’un des collaborateurs dans une œuvre qui est également due à tous deux, et qui ne peut être accomplie qu’au moyen de l’entente parfaite et des soins bien combinés de l’un et de l’autre. Admettons donc qu’il y a parité de valeur entre eux dans leur coopération, en reconnaissant toutefois que cette valeur résulte de qualités différentes; car chaque sexe a les siennes propres, et l’on ne saurait voir dans l’homme et la femme que des rapports et des différences, ainsi que l’a remarqué J. J. Rousseau, dont le passage suivant revient au sujet que je traite.

« La raison des femmes est une raison pratique qui leur fait trouver très habilement les moyens d’arriver à une fin connue, mais qui ne leur fait pas trouver cette fin. La relation sociale des sexes est admirable. De cette société résulte une personne morale dont la femme est l’œil et l’homme le bras, mais avec une telle dépendance l’une de l’autre, que c’est de l’homme que la femme apprend ce qu’il faut voir, et de la femme que l’homme apprend ce qu’il faut faire. Si la femme pouvait remonter aussi bien que l’homme aux principes, et que l’homme eût aussi bien qu’elle l’esprit des détails, toujours indépendants l’un de l’autre, ils vivraient dans une discorde éternelle, et leur société ne pourrait subsister; mais, dans l’harmonie qui règne entre eux, tout tend à la fin commune; on ne sait lequel met le plus du sien, chacun suit l’impulsion de l’autre, chacun obéit, et tous deux sont les maîtres. » (Emile, liv. V.)

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