Il faut se défier d’un ami réconcilié

Il faut se défier d’un ami réconcilié.

Les Espagnols disent — Ami réconcilié, ennemi redouble.

Il n’y a guère de réconciliation tout à fait sincère :

la défiance ou la trahison s’y mêlent presque toujours. Asmodée, dans le Diable boiteux, parlant de sa dispute avec Paillardoc, dit avec autant de vérité que de finesse : On nous réconcilia, nous nous embrassâmes, et, depuis ce temps, nous sommes ennemis mortels.

On conseillait à un tyran, Tibère, si je ne me trompe, de faire mourir un de ses anciens amis, qu’il faisait languir en prison : «Pas encore, répondit-il, je ne me suis pas réconcilié avec lui. » Mot affreux, où respire tout le génie de la haine.

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