Femme barbue, de loin la salue, un bâton à la main

Femme barbue, de loin la salue, un bâton à la main.

C’était un préjugé assez généralement admis dans le moyen âge qu’une femme qui avait de la barbe ne pouvait manquer d’être sorcière, et qu’il fallait se garantir de l’approche de ce suppôt de Satan, en usant d’abord de certains procédés poliment calculés pour ne pas l’irriter et en recourant enfin à des moyens coercitifs, si faire autrement ne se pouvait. C’est là précisément ce que recommande ce vieux dicton en disant de la saluer de loin, un bâton à la main.

Dans un temps où tant de gens étaient accusés d’être sorciers par tant d’autres qui certainement ne l’étaient pas, on ne se bornait point à regarder la barbe cbez les femmes comme un indice de sorcellerie, on se figurait aussi que leur vieillesse en était un non moins manifeste, lorsqu’elle offrait certain caractère de laideur, et de là est venue la locution proverbiale de vieille sorcière, qui s’est conservée pour désigner une femme vieille, laide et méchante. Cette qualification injurieuse fut fondée, suivant Gerson, sur ce que les femmes vieilles ont toujours oeil plus de penchant à la superstition que les jeunes (Tract, contra superstitios. dierum observat.}, ce qui ne veut pas dire que les jeunes en soient exemptes ; car la superstition abonde dans tout cœur féminin, s’il faut en croire Martin de Arles, qui a remarqué, dans son Traité des superstitions, que le nombre des sorcières a été en tout temps bien plus considérable que celui des sorciers.

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