C’est trop aimer quand on en meurt.

C’est trop aimer quand on en meurt.

Proverbe que Gilles de Nuits ou des Noyers dius Nuceiïensis), dans son recueil d’Adages français, traduits en vers latins, Adagia gallica a rendu par ce pentamètre :

Semper amor nimius dum fera mors sequiiur.

Ce proverbe est du moyen âge, où le culte de l’amour pouvait faire des martyrs. Il trouve rarement son application dans notre siècle d’égoïsme. On dit, au contraire, aujourd’hui : Mort d’amour et d’une fluxion de poitrine.

Le troubadour Pons de Breuil avait écrit, à ce que nous apprend Nostradamus, un roman jadis trèsgoûté, dont le titre était : Las amors enrabgadas de Andrieu de Fransa : Les amours enragées d’André  de France. » Il se pourrait que le proverbe fût venu d’une allusion au héros de ce roman, mort d’amour pour une reine du pays, et fréquemment cité comme le parfait modèle des amants.

Le Romancero espagnol nous offre l’histoire de l’amoureux don Bernaldino, qui disait : « Ma gloire  est à bien aimer, » et qui se tua de désespoir parce que le père de son amie Léonor avait emmené cette belle en pays lointain. Ses vassaux, désolés de sa mort, lui élevèrent un mausolée tout de cristal, où ils gravèrent une épitaphe touchante terminée par ces deux vers :

Aqui esta don Bernaldino
Que murio por bien amar.

« Ci-gît don Bernaldino, qui mourut pour bien aimer. »

Sahid, fils d’Agba, demandait un jour à un jeune Arabe : « A quelle tribu appartiens-tu? — J’appartiens à celle chez laquelle on meurt d’amour. — Tu es donc de la tribu des Arza? — Oui, j’en suis et je m’en glorifie. »

Ajoutons que cette tribu, célèbre par son caractère d’amour passionné, a fourni presque tous les noms qui figurent dans un livre ou nécrologe arabe fort curieux, intitulé : Histoire des Arabes morts d’amour.

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