A l’ami soigne le figuier, à l’ennemi soigne le pécher

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A l’ami soigne le figuier, à l’ennemi soigne le pécher.

Ce proverbe, rapporté sans aucune explication dans le recueil de Gomes de Trier, conseille allégoriquement de mettre en pratique la fausse doctrine énoncée dans le précédent, c’est-à-dire de bien haïr ses ennemis, afin de bien aimer ses amis, Le figuier y est considéré comme un emblème d’amitié, à cause de ses feuilles, qui couvrirent la nudité de nos premiers parents, et surtout à cause de son fruit employé, chez les peuples anciens, comme expression typique des vœux qu’ils formaient pour la prospérité des personnes chéries, et consacré, pour cette raison, aux étrennes du jour de l’an, dans le moyen âge, ainsi que dans l’antiquité. Le pêcher, au contraire, y figure comme un emblème de haine, par suite d’une vieille tradition, d’après laquelle les rois de Perse auraient fait transplanter cet arbre, originaire de leur pays, sur les terres des Égyptiens leurs ennemis, parce que les pèches, en Perse, avaient des propriétés malfaisantes qui les faisaient classer parmi les poisons. Pline le Naturaliste a parlé de cette tradition, qu’il jugeait erronée, dans le passage suivant de son Histoire naturelle. ll n’est pas vrai que la pomme persique soit un poison douloureux dans la Perse, ni que les rois de ce pays l’aient introduite, par vengeance, en Égypte, où la terre l’aurait bonifiée. Les auteurs exacts ont dit cela du perséa, qui diffère tout à fait du pêcher. » (liv. XV, c. xm.)

Les Italiens ont le même proverbe qui doit se trouver dans le Jardin de récréation, etc., par Jean Florio (Giardino di recreazione, etc., da Giovanni Florio), dont le recueil de Gomes de Trier est une traduction.

Il y a, en outre, chez les Piémontais, un autre proverbe analogue, que M. le docteur Silva a bien voulu me communiquer. Le voici avec la juste explication qu’il y a jointe : Dans le Piémont, on croit généralement que l’enveloppe de la figue est un poison, et que la pêche, fruit malsain, porte son contrepoison dans sa pellicule.

De là le proverbe :  A l‘ami on pèle la figue, et à l’ennemi la pêche. Aussi à la personne qu’on estime, et même dans les grands repas, la maîtresse de maison offret-elle parfois une figue dépouillée de son enveloppe.

M. Silva pense que le proverbe français est fondé sur le même préjugé que celui des Piémontais, qu’il suppose antérieur, et j’avoue que, si cela était, j’en serais pour les frais d’érudition que j’ai faits dans mon commentaire. Mais je crois que c’est une conjecture que je puis me dispenser d’admettre, et que M. Silva n’aurait peut-être pas admise s’il avait connu le texte italien qui doit être cité par Florio. Ce texte, tel qu’il m’a été donné par le savant abbé Ciampi, porte pianta et non pela. Je dois conclure de cette différence notable que les deux proverbes n’étant pas les mêmes par l’expression ne le sont pas non plus par le sens. Je maintiens donc comme vraie l’origine que j’ai assignée à l’un, tout en adoptant l’explication que M. Silva a faite de l’autre.

2 réponses à “A l’ami soigne le figuier, à l’ennemi soigne le pécher”

  1. MARIA Josette

    Impossible de trouver l’origine de la Citation : « pele la poire à ton ami et la pomme à ton ennemi » ou l’inverse ?
    merci de me reponse sur mon adresse perso si possible.
    Merci

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  2. MARIA Josette

    Impossible de trouver l’origine de la Citation : « pele la poire à ton ami et la pomme à ton ennemi » ou l’inverse ?
    merci de me reponse sur mon adresse perso si possible.
    Merci
    Je n’ai jamais laissé de comme,taire !!!!

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